par Latifa Laâbissi, chorégraphe, & anna Colin, commissaire d’exposition du 26 au 31 mars 2018

Proposé par Latifa Laâbissi et Anna Colin et élaboré en dialogue avec Jérémy Damian, Julie Menut et Bastien Mignot. Sur une période intensive de cinq jours et au travers d’un workshop et de présentations et performances publiques, nous proposons de générer des mouvements, questionnements et rencontres, et d’apprendre, désapprendre, cultiver et partager des possibles à travers le prisme de la sorcière.

LE FORMAT
Le workshop réunira un groupe d’une douzaine de personnes qui ensemble travailleront les thèmes des savoirs et pratiques alternatives, du collectif, de l’altérité, de la marge, de l’intersectionalité et de la légitimité – d’où parlons-nous ?. Nous inspirant de textes, de films et de documents d’archives, nous œuvrerons sur le mouvement, l’écriture, la parole
et l’écoute. Au cours de deux soirées publiques, des chercheu-r-se-s et praticien-ne-s invité-e-s présenteront leurs créations et travaux autour de sujets variant de l’écoute du monde animal à l’imaginaire sorcellaire d’Afrique. Pendant ces moments publics, nous aurons l’opportunité de réactiver certaines des formes développées collectivement pendant cette semaine.

LE CONTEXTE
Latifa Laâbissi (chorégraphe et danseuse) et Anna Colin (curatrice et chercheuse) se sont rencontrées sur des questions sorcières il y a quelques années de cela. Elles s’intéressent à la façon dont le signifiant sorcière a été appliqué par les détenteurs du pouvoir à des femmes considérées comme dangereuses et importunes, et ce, au fil des siècles et des contextes géographiques. Cette dénomination, qui invoque un potentiel de renversement de ce même pouvoir, a été appropriée par des artistes, militantes et autres agitatrices, de la chorégraphe Mary Wigman dès les années 1910, à l’activiste et écrivaine contemporaine Starhawk.
Ces cinq dernières années, la sorcière a fait un retour remarqué dans l’imaginaire artistique et militant – en particulier dans les milieux féministes, queer et écologistes – notamment en réaction au climat de répression continue des dits droits de l’Homme et en faveur de pratiques plus éthiques et moins individualistes, orientées vers le bien-être et la justice sociale. Entendue sous cet angle, la sorcière souscrit à l’altérité et incarne l’alternative, soutenant d’autres manières de vivre, d’apprendre, d’appréhender le monde et d’en prendre soin. Ce sont autour de ces questions et des espaces différentiels entretenus par la sorcière que nous souhaitons converser, spéculer, créer et rencontrer de nouvelles et nouveaux allié-e-s.
Un premier workshop a été réalisé au CCN2 à Grenoble en mars 2017 et cette nouvelle itération en est la continuation directe. Nous avons invité trois des participants au premier workshop – Jérémy Damian (sociologue et éditeur), Julie Menut et Bastien Mignot (danseurs et chorégraphes) – à se joindre à notre réflexion et à développer avec nous les contours et contenus de l’édition du Triangle, ainsi qu’à créer une forme qui sera rendue publique à cette occasion.

LES PARTICIPANTS
Nous souhaitons constituer un groupe de 12-15 personnes : étudiants et professionnels issus des champs de la performance, danse, arts et cultures visuelles, et sciences humaines ; ou encore curieux de toutes générations et de tous bords qui mènent une pratique professionnelle et/ou de vie ayant trait à un ou plusieurs des sujets évoqués ci-dessus.

LIEU
Au Triangle, de 10h à 18h

MODALITES D’INSCRIPTION
Envoyez par mail : CV + court texte décrivant votre intérêt pour ce projet à Marion Deniaud
Nombre de places limité | Inscription avant le 1er février 2018
Présence indispensable les 5 jours
Coût 80 € / 40 € réduit (étudiants, - de 30 ans, demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA) Possibilité prise en charge par le dispositif SORTIR