Avant-première le 25 août au Triangle.

Une performance nocturne pour l’espace urbain.
Un endroit à ciel ouvert, proche des rues et des lumières de la ville, 6 danseurs, peu de mise-en-place. Un sound-système maison, des projecteurs lasers trafiqués, peut-être des phares de voiture. Des cailles rôties. De la barbapapa noire. Et surtout une danse hallucinée en regard de corps qui se touchent sans frein, pendant que les bouches délivrent des improvisations verbales et des sortes de beat-boxing sans beat. Des méditations débitées à toute vitesse sur l’art politique de la caricature, l’humour et le danger, le temps du dessin comparé au temps du dansé.
danse de nuit a lieu dans un parking ou une cour presqu’intérieure, un bout de bitume délaissé, une ruine urbaine. Nous dansons qu’il pleuve ou vente ou neige. Une sorte de danse extrême pour un public buissonnier.

PROPOS DE BORIS CHARMATZ
extrait d’un entretien réalisé par Gilles Amalvi
juin 2015

Il s’agit donc d’un spectacle dans un espace public ou semi public, de nuit, après avoir cheminé dans la ville. Au-delà de ce protocole, y a-t-il déjà des idées, des formes qui se dégagent ?

Oui. Pour manger, il y avait trois lignes : manger, chanter danser – ayant lieu simultanément. Là, j’imagine qu’il pourrait y avoir plus de lignes, mais avec moins de moyens et moins de danseurs. Ces lignes n’auraient pas toutes lieu en même temps : elles pourraient être partagées, réparties en les danseurs, se chevaucher ou avoir lieu séparément. La première ligne concerne le questionnement des limites de l’espace public – ce qu’on peut ou non y faire – au travers de la mise à nu, et d’une recherche sur la sexualité : ce serait une ligne assez lente assez écrite, comme un script, un scénario proposant quelques positions sexuelles. En regard de ça, j’ai envie d’une danse extrêmement rapide, très dynamique. Une danse qui pourrait rappeler une « danse urbaine » dans son intensité – pas dans les codes utilisés. Il ne s’agirait pas de Krump ou de hip hop, mais ce serait malgré tout une danse rapide et mouvementée, sur béton. Nous avons beaucoup travaillé « sur béton » ces derniers temps – pour Fous de danse, pour la Tate – mais en adaptant pour le béton des danses qui n’étaient pas faites pour cela. Là, ce serait une danse conçue pour le béton : une danse très vive, une accumulation de couches de mouvements des bras, de la tête, des jambes. La complexité ne proviendrait pas du fait qu’il y a 24 corps à regarder simultanément comme dans Levée des conflits, mais de ce qu’il y a à voir sur un corps, ou un duo de corps. Pour moi, il y a plusieurs types de complexité : celle attachée à la juxtaposition de plusieurs actions comme dans manger, celle qui provient de la superposition de mouvements simples réalisés en même temps par plusieurs danseurs comme dans Levée des conflits, et celle découlant de la complexité même de l’expression physique. Je voudrais que cette danse soit vraiment complexe à composer à fabriquer, à interpréter ; qu’elle fonctionne comme le défilement très rapide d’une multitude de gestes, mus par une sorte d’urgence.

Il y aura probablement une ligne textuelle guidée par l’idée d’une pléthore : de voix, de paroles, envoyées de manière précipitée. Je ne sais pas quels textes je vais choisir, mais j’ai en tête un agrégat de styles différents – pourquoi pas des paroles de hip hop, des textes très énergiques, comme ceux de Tim Etchells, voire des parties improvisées. Peut-être que la base sera improvisée à partir d’une base de textes connus ou appris, qui formeront comme des îlots, des repères, des points de départ. De la même manière que pour la partie dansée, ces productions textuelles seront traitées comme des solos, des solos qui peuvent se croiser, entrer en résonance, se répondre...

chorégraphie Boris Charmatz / interprétation Ashley Chen, Julien Gallée-Ferré, Peggy Grelat-Dupont, Mani Mungai, Jolie Ngemi, Marlène Saldana en alternance avec Olga Dukhovnaya, Frank Willens / lumière Yves Godin / costumes Jean-Paul Lespagnard / régie générale Fabrice Le Fur / travail vocal Dalila Khatir / répétitrice en tournée Magali Caillet-Gajan / habilleuse Marion Régnier / direction de production Sandra Neuveut, Martina Hochmuth, Amélie-Anne Chapelain

production Musée de la danse / Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne – Direction : Boris Charmatz. Association subventionnée par le ministère de la Culture et de la Communication (Direction régionale des Affaires culturelles / Bretagne), la Ville de Rennes, le Conseil régional de Bretagne et le Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine. L’Institut français contribue régulièrement aux tournées internationales du Musée de la danse. Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre de son programme New Settings
coproduction Théâtre National de Bretagne-Rennes, Théâtre de la Ville & Festival d’Automne à Paris, la Bâtie-Festival de Genève, Holland Festival-Amsterdam, Kampnagel-Hamburg, Sadler’s Wells London, Taipei Performing Arts Center, Onassis Cultural Centre – Athens
remerciements Le Triangle-cité de la danse, Rosas, WIELS Centre d’Art Contemporain (Bruxelles), Perig Menez

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