- mer 25 jan 19h
Le Triangle invite ... Thomas Clerc et Sandrine Roche

Thomas Clerc est né en 1965. Il a publié un essai, Maurice Sachs le désœuvré, Allia, en 2005, puis en 2007, Paris, musée du XXIe siècle, Le 10e arrondissement, L’Arbalète, Gallimard, une déambulation méthodique de son quartier, qui s’inscrit dans un projet — à long terme — de description générale de Paris. Maître de conférences à Paris-Ouest Nanterre en littérature contemporaine, il a édité en 2002 le cours de Roland Barthes au Collège de France Le Neutre (1977-78), Seuil/IMEC. Chroniqueur hebdomadaire à France-Culture pour l’émission Le rendez-vous, il monte aussi sur scène pour des lectures performées, dans différents lieux (Nouveau Festival de Beaubourg, TJCC à Gennevilliers, Act’oral, etc.) En 2009, il a fait paraître Nouit, aux éditions Mix et FRAC Aquitaine, fiction écrite à partir d’une photo de Jeff Wall faisant partie des collections du FRAC. Son quatrième livre, un recueil de dix-huit nouvelles, sorti au printemps 2010 chez L’Arbalète, aux Editions Gallimard, s’intitule L’homme qui tua Roland Barthes.
Sandrine Roche « J’écris sur le rapport physique que l'homme entretient au monde ; sur la marge de manœuvre singulière et autonome dont l’individu dispose au sein d’une communauté ; sur les limites et paradoxes des libertés individuelles et collectives (…) Je cherche une forme qui donne la mesure de la violence et de la force physique de la langue, qui la mette en abîme, l’interroge. Une forme qui provoque l'imaginaire du spectateur en insufflant une série de sons, images, mouvements… » S. R
Les textes de Sandrine Roche s’articulent autour de la voix et du corps et se présentent comme des jeux de construction, accumulation de mots, lumières, sons, mouvements qui rendent le jeu typographique indispensable à leur lecture. L’écriture est appréhendée selon un mode plus musical que littéraire, où le sens premier est déchiré pour ouvrir le texte vers un ailleurs. Le texte est ainsi modelé telle une matière physique qui appelle à une compréhension sensitive et émotionnelle avant d’en passer par la médiation du sens. Ce « texte-matière » est un composite de mots qui prennent sens par leur disposition dans l’espace. Cette représentation spatiale génère une rythmique particulière et un engagement physique de l’acteur, du lecteur et du spectateur.
Sandrine Roche est auteure, metteur en scène et comédienne. D’abord engagée par des metteurs en scène travaillant l’acteur dans des espaces non conventionnels, elle a ensuite co-dirigé le collectif d’acteurs La coopérative des Circonstances tout en développant un travail d’écriture personnel. Ses textes mettent en jeu des espaces et des corps en proie à des langues qui ne savent pas dire. Elle a bénéficié de différents accueils en résidence et bourses d’écriture. Ses pièces ont été primées, sélectionnées et montées : Itinéraire sans fond(s), bourse Beaumarchais 2001, créé à la Scène Nationale d’Annecy en 2003 ; REDUCTO ABSURDUM de toute expérience humaine, bourse CNL 2005, mis en espace à la Comédie de St Etienne en 2009 ; Carne, aide à la création du CNT 2007, mis en espace par le JTN (Paris) et par le Théâtre de la Tête Noire (Saran) et créé au 3bisF (Aix-en-Provence) en 2009 ; Yèk, mes 3 têtes, écrit en résidence à La Chartreuse (Centre National des écritures de spectacle), créé au 3bisF (Aix-en-Provence) en 2009, et mis en onde par France Culture en 2010. Elle a crée en 2007 l’association Perspective Nevski, avec laquelle elle entame un travail de plateau autour de ses textes (2009, La permanence des choses, essai sur l’inquiétude ; 2010, Je suis la sœur unique de mon chien et autres gâteries ; 2011, Petites réductions de toute expérience humaine – création en cours).